1 – Justification du programme

Les conjonctivites allergiques constituent pour l’enfant l’un des motifs très fréquents de consultation chez l’ophtalmologiste. Une fois le diagnostic de conjonctivite posé et la forme clinique clairement établie, la recherche d’une cause est l’étape la plus délicate. Le recours à l’allergologue est nécessaire, en particulier lorsque l’interrogatoire oriente vers une origine allergénique, ou met en évidence un terrain atopique. L’allergie oculaire peut être consécutive à une hypersensibilité de type I, c’est-à-dire médiée par les IgE : le cas le plus fréquent est celui des conjonctivites allergiques aiguës et chroniques. La mise en évidence de l’allergène fait appel à des tests cutanés (Prick-tests) dont la pratique est très facile et indolore et dont la sensibilité est actuellement satisfaisante. Des tests in vitro peuvent compléter le bilan. En cas de doute sur la responsabilité de l’allergène, un test de provocation allergénique peut venir confirmer ou infirmer l’implication de l’allergène. L’allergie oculaire peut aussi relever d’un mécanisme de type IV, c’est-à-dire d’un mécanisme à médiation cellulaire, comme l’allergie de contact aux différents topiques. Dans ces cas, l’aspect clinique et l’interrogatoire orienté invitent à adresser le patient au dermato-allergologue en vue de tests de contact (Patch-tests). Pour adapter son attitude pratique devant une conjonctivite de l’enfant, l’ophtalmologiste doit connaître les allergènes susceptibles de déclencher une poussée de conjonctivite. La connaissance de mécanismes en cause aide elle aussi à orienter ou non vers l’allergie. Dans toutes ces étapes, la collaboration de l’ophtalmologiste et de l’allergologue est essentielle.

2 – Objectif général

Ce projet vise à donner aux allergologues et aux ophtalmologues les moyens de mieux travailler de façon coordonnée pour prendre en charge une allergie oculaire chez l’enfant.

3 – Objectifs pédagogiques

A l’issue de la formation, les participants seront plus à l’aise pour :

  • Explorer un œil rouge chez l’enfant.
  • Diagnostiquer une allergie oculaire.
  • Adresser à l’allergologue pour pratiquer un bilan allergologique, une désensibilisation.
  • Adresser à l’ophtalmologiste pour initier et suivre un traitement médicamenteux.
  • Prendre en compte l’impact psychologique des allergies oculaires pour mieux conseiller l’enfant et sa famille.

4 – Méthodes utilisées au sein du programme

Revue de dossiers et d’analyse de cas

Groupe d’analyse de pratiques entre pairs (peer review) : des professionnels se réunissent régulièrement pour analyser les problèmes rencontrés dans des situations réelles, en partant ou non de l’analyse de leurs dossiers patients.

Comparaison à un référentiel

audit ciblé.

Acquisition et approfondissement des connaissances ou compétences à la suite d’une analyse des pratiques cliniques

Programme de formation collective

5 – Déroulement du programme

Le programme se déroulera sur 2 demi-journées ou soirées d’une durée de 3h30 chacune, chacune correspondant à une phase du travail, espacées d’un mois à six semaines.

Phase 1 : les difficultés rencontrées dans la prise en charge de l’œil rouge de l’enfant

Accueil et présentations des intervenants, du programme et des participants.

Protocole de présentation et recueil des attentes des participants.

Atelier : difficultés rencontrées par les participants dans la pris en charge de l’œil rouge de l’enfant.

Chaque participant note sur des post-it les difficultés rencontrées dans la prise en charge de l’œil rouge de l’enfant et va les coller sur les panneaux préparés. (interrogatoire, examen, diagnostic, test de provocation, traitement, qualité de vie)

Mise en commun et commentaires du groupe et de l’expert.

Atelier clinique.

Les participants en petits groupes de 5/6 établissent une consultation type d’un enfant présentant un œil rouge : interrogatoire, examen clinique, exploration, adressage.

Mise en commun et apports de l’expert.

Atelier thérapeutique.

Chaque groupe préconise une démarche diagnostique et thérapeutique médicamenteuse et non médicamenteuse.

Mise en commun et apports de l’expert.

Intersession 1.

Les participants renseignent la grille de suivi à chaque enfant reçu pour œil rouge.

Phase 2 : plan d’amélioration individuel.

Atelier : retour sur expérience.

Chaque participant présente sa grille de suivi.

Synthèse et apports complémentaires par l’expert.

Impacts psychologiques de l’allergie oculaire.

Atelier : conseiller l’enfant et sa famille.

Jeux de rôles.

Atelier : élaboration de l’arbre décisionnel par les groupes.

Atelier : plan d’amélioration individuel.

Chaque participant élabore son plan d’amélioration individuel à partir de l’analyse des écarts entre sa pratique et les bonnes pratiques.

Suivi à distance à 3 mois

Envoi d’un questionnaire pour évaluer l’impact sur les pratiques.

Recueil de « qu’est-ce qui a changé dans vos pratiques? »

Nombre de cas ?

Respect de l’arbre décisionnel ?

6 – Ressources humaines

Rôle des différents intervenants

Responsable du programme scientifique et pédagogique, chef de projet.

Construit le programme et le kit d’accompagnement.

Un responsable par site.

Recrute les participants et organise les sessions.

Accompagnateurs du programme.

Un pédiatre allergologue et un ophtalmologiste.

7 – Références bibliographiques

Fauquert JL, Conjonctivites allergiques de l’enfant : le point de vue de l’allergologue, Journal Français d’Ophtalmologie Vol 30, N° 3 – mars 2007 pp. 292-299.

Hannouche D, Hoang-Xuan T. Les conjonctivites allergiques. In : Inflammation chronique de la conjonctive. Bull Soc Ophtal Fr, 1998;98:99-124.

Gell PGH, Coombs RRA. Classification of allergic reactions responsible for clinical hypersensitivity and disease. In Gel PGH, Coombs RRA editors. Clinical aspects of immunology. 2nd Ed. Blackwell. Oxford. 1968; 575.

Bonini S, Bonini S, Lambiase A, Marchi S, Pasqualetti P, Zucaro O, et al. Vernal keratoconjunctivitis revisited: a case series of 195 patients with long-term follow-up. Ophthalmology, 2000;107: 1157-63.

Dalens H, Fauquert JL, Chatron P, Beaujon G. Kératoconjonctivites vernales de l’enfant. Étude clinique et complémentaire à propos de 22 cas. J Fr Ophtalmol, 1998;7:471-8.

Fauquert JL, Mortemousque B, Chiambaretta S, Demoly P, Helleboid L, Brémond-Gignac D, et al. Le test de provocation conjonctivale allergénique : recommandations pratiques pour le diagnostic des conjonctivites allergiques. Rev Fr Allergol Immunol Clin, 2004;44: 689-99.

Abelson MB, Chambers WA, Smith LM. Conjunctival allergen challenge: a clinical approach to studying allergic conjunctivitis. Arch Ophtalmol, 1990;108: 84-8.

Bacon AS, Ahluwalia P, Irani AM, Schwartz LB, Holgate ST, Church MK, et al. Tear and conjunctival changes during the allergen-induced early- and late-phase responses. J Allergy Clin Immunol, 2000;106:948-54.

Passalacqua G, Bousquet PJ, Carlsen KH, Kemp J, Lockey RF, Niggemann B, et al. ARIA update: I-Systematic review of complementary and alternative medicine for rhinitis and asthma. J Allergy Clin Immunol, 2006;117:1054-62.

De Blay F, Ott M, Barnig C. Moisissures : relation entre exposition allergénique et symptômes. Rev Fr Allergol Immunol Clin, 2006;46:213-5.

De Blay F, Casset A, Sohy C. Cat and dog allergy: what preventive measures can be taken? Rev Fr Allergol Immunol Clin, 2002;42:565-8.

8 – Modalités d’évaluation du programme

Notamment : la description précise des indicateurs qui permettront de mesurer les modifications des compétences et des pratiques des médecins participants, résultant du programme.

Indicateurs.

Nombre d’enfants pris en charge avec une allergie oculaire.

Nombre d’adressages à l’allergologue ou à l’ophtalmologiste avant et après le programme de DPC.

Prise en compte de l’impact psychologique.

Enquête par mail 3 mois après la fin du programme

Faire le point selon les indicateurs.

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